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27/10/2016

Cholestérol le grand buzz : et bien dansez maintenant !

CStatine-850x450.jpgholestérol le grand bluff, cholestérol le grand buzz… Quel succès ! Dans les familles, dans les cantines, sur twitter ou facebook, que celui qui n’a pas été interpellé sur ce documentaire lève le doigt ! C’est que le reportage méthodique, diffusé sur Arte le 18 octobre et visible pendant un mois en replay, appuie là où ça fait mal. Il aura permis à chacun de mesurer à quel point le dossier « Cholestérol » a des racines anciennes et profondes. La diabolisation du gras depuis des décennies, alors qu’il est aujourd’hui établi que le rôle du sucre dans les maladies cardio-vasculaires a été largement oublié, la sous-estimation du poids des facteurs de risque – tabac, sédentarité…–, et l’absence d’études véritablement fiables –sans qu’une partie de patients à problèmes sont écartés par exemple – explique pourquoi chacun est aujourd’hui tenté de devenir lui-même un expert en matière de cholestérol.

Une fois de plus, c’est la preuve que nous avons besoin d’études menées par des experts indépendants, et non pas liés à l’industrie agroalimentaire ou pharmaceutique. Connaître l’intérêt d’un traitement, c’est indispensable, tout comme mesurer ses limites. Cela garantit aux usagers de santé de suivre leur traitement en connaissance de cause, avec les interrogations qui subsistent, les doutes, la prise en compte des effets secondaires possibles. Une information complète rend possible une décision éclairée, évite à la fois d’attendre des miracles là où il n’y en a pas et de céder à la diabolisation. C’est une excellente chose. Ce documentaire, qui rend compte de l’histoire de la prise en charge du cholestérol est en ce sens un pas dans cette voie, même si la complexité du sujet rend toute vulgarisation périlleuse.

Dans cet océan d’interrogations et pour faire face au risque de se tromper d’option – passer à côté ou abandonner un traitement qui pourrait nous faire du bien, voire nous sauver la vie, ou au contraire médicaliser un non-problème, le patient a besoin de repères comme ceux que nous donnons ici,avec deux certitudes.

La première : avant toute prescription, une discussion franche avec le médecin, s’il dispose d’une information complète, doit nous permettre de quitter le cabinet médical en ayant compris la prescription ou l’absence de prescription.

La seconde : notre corps en général et notre cœur en particulier ont besoin d’une activité physique régulière, d’une alimentation variée  raisonnable en quantité, sans trop d’alcool et sans tabac du tout. Marcher d’un bon pas une heure par jour, jardiner, prendre les escaliers, danser, se régaler des fruits et légumes de saison cuisinés maison, et voilà qu’un bon nombre de personnes n’auront plus à s’inquiéter de leur cholestérol. Cela vous semble banal ? Vous avez l’impression de lire les conseils santé de Notre Temps ? C’est vrai, nous revenons sans cesse aux fondamentaux. Mais avec la certitude que, oui, ces mesures-là, si accessibles à chacun de nous, sont vraiment les plus efficaces. Et c’est une bonne nouvelle non ? 

10/10/2016

Un livre coup de poing sur les thérapies géniques

photo Agnès DuperrinAndré Choulika en est convaincu, la génétique a (presque) fini de guider notre destin. André Choulika, dont le nom vous est peut-être inconnu, est ce chercheur à la tête de la start-up de biotechnologie française Cellectis qui a fait parler d’elle il y a quelques mois en sauvant une petite fille sur le point de perdre sa lutte contre une leucémie résistant à tous les traitements. Comment ? Par une simple injection de cellules dont l’ADN a été modifié grace à des « ciseaux moléculaires ». « Simple », je m’entends… Un bijou de technologie plutôt ! La petite Layla, 8 mois, était condamnée. Elle est aujourd’hui vivante, et grandit chez elle. L'espoir de Cellectis est de créer comme pour Layla des médicaments fondés sur un certain type de globules blancs, les cellules T qui jouent un rôle majeur dans le processus d’identification et d’élimination de cellules cancéreuses. Ici, les cellules T ingénierées expriment des Récepteurs Antigéniques Chimériques ou CAR pour exploiter la puissance du système immunitaire et cibler et éradiquer les cancers. 

La presse et la famille ont évoqué un miracle. En fait, c’est le début d’une nouvelle façon de soigner, qui va révolutionner notre santé, explique André Choulika, à l’enthousiasme communicatif. Et pas seulement notre santé, mais aussi la façon de cultiver les aliments qui nous nourrissent et peut-être même de trouver un nouveau carburant pour nous déplacer, décrit-il dans ce livre parfaitement accessible sans notion de biologie.

Si « Réécrire la vie, la fin du destin génétique » m’a fait l’effet d’un coup de poing, c’est qu’il a de sérieux arguments pour nous faire prendre conscience que les choses sont bien plus avancées qu’on ne l’imagine dans ce domaine. Ici il ne s’agit plus seulement de guérir mais aussi de « corriger » la nature, ce que l’auteur appelle « le destin ». Ce n’est pas pour après-demain, à peine pour demain, mais presque pour ce soir ! Les techniques sont là, même s’il faut encore les perfectionner, les rendre accessibles y compris financièrement. Regardons les choses en face: les chercheurs connaissent désormais la recette pour remplacer un gène défectueux par sa version active (et voilà bon nombre de maladies génétiques qui pourraient être guéries : mucoviscidose, myopathie, hémophilie, leucodystrophie…), ou un gène défavorable par sa version inoffensive (et voilà que l’épée de Damoclès au-dessus de la tête des porteurs de l’anomalie génétique s’éloigne). Avec toutes les questions que cela pose sur les risques d’eugénisme, et cela donne le vertige.

Le roman d’anticipation qui constitue le premier chapitre du livre est à ce titre éloquent. Il y est question de Joseph, porteur d’une prédisposition génétique augmentant le risque d’un Alzheimer précoce, qui doit bénéficier (ou subir, selon l’angle d’observation que l’on choisit, car a-t-il vraiment le choix ?) d’une chirurgie du génome pour réparer son ADN. Oh pas grand-chose, une petite intervention en ambulatoire, mais aux effets majeurs puisqu’il s’agit de toucher au patrimoine génétique hérité de ses parents. En un chapitre, André Choulika brosse le portrait d’une société chamboulée de A à Z par ces nouvelles pratiques médicales. De l’anticipation, bien sûr, dont la plupart d’entre nous ne verrons pas la concrétisation. Mais tout de même : en un livre, on prend conscience de l‘état d’avancement de la science. Et c’est aussi enthousiasmant qu’effrayant !

Réécrire la vie, la fin du destin génétique, d’André Choulika. Ed Hugo Doc 2016 - 17€

12/09/2016

S comme sénior et sauveuse de vie

Et vous, vous auriez fait quoi à leur place ? Regardez cette courte vidéo qui ne manque ni d’humour ni de bon sens, et dites-moi…

Ce petit film savoureux qui nous a séduits et émus à la rédaction est arrivé dans mes mails tout droit de Suisse. Un médecin de Genève, directeur de l’École de santé de suisse romande (ESSR), s’est dit en parcourant nos articles santé de notretemps.com qu’il aurait sa place dans ce blog, alors il me l’a envoyé. Il a bien fait ! Il me semble que ces quelques images sont plus efficaces qu’un long article pour nous persuader qu’il n’y a pas de limite d’âge pour sauver une vie et que les principes de la réanimation cardio-vasculaire sont vraiment accessibles à tous, de 7 à bien plus que 77 ans!

Du coup, j’en ai demandé un peu plus au Dr François Dupuy sur les coulisses du tournage. Je partage avec vous ces quelques informations supplémentaires : le film a été réalisé à Genève, avec des amis dont un enseignant dans une école de cinéma. La sauveuse s'appelle Rosette, elle a dépassé les 80 ans. Quand je vous disais pas de limite d’âge…

 
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