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21/10/2013

Hugo Horiot, lauréat du Prix Paroles de Patients 2013

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format-carré.jpgLongtemps, Hugo a été un enfant en colère. D'ailleurs, il ne s'appelait pas Hugo à l'époque. Il lui a fallu du temps, l'amour éperdu et pragmatique de sa mère, et un changement de prénom pour prendre sa place dans la société. C'est son autoportrait qui vient de remporter le prix Paroles de Patients 2013, que je vous présentais il y a quelques temps.

Hugo Horiot raconte avec des mots et des images merveilleuses ce qu'était sa vie d'enfant touché par une forme d'autisme. Il souffre en effet du syndrome d'Asperger, un trouble neurologique qui complique terriblement la communication et les rapports sociaux. Il raconte l'enfer de ses passages dans une école bien trop rigide pour lui, l'inadéquation des soins proposés à l'hôpital, et la difficulté de la vie de famille.

Avec une justesse étonnante et une émotion retenue, Hugo décrit le chemin qui lui a permis de trouver sa place dans la société et de devenir un adulte serein. Au point de se sentir assez fort pour se replonger en enfance. Au fil des chapitres, il a quatre ans, huit ans, douze ans, et déjà ce regard d'adulte sur sa vie. Il nous fait entrer dans sa prison intérieure et révèle le sens de ses comportements qui, de l'extérieur, semblent parfaitement irrationnels, tel son refus de passer par certaines pièces ou d'utiliser certains objets... 

Ce récit de l'envers d'une maladie est pour nous un vrai cadeau, une explication de texte du monde secret de l'enfance et de la différence, avec ou sans maladie. Si précieux, que nous soyons compagnon de route d'une personne malade, enseignant au contact permanent des jeunes, ou simplement parent démuni parfois devant le comportement de nos enfants. Une fois plongé dans la tête du petit garçon, nous mesurons soudain l'importance de l'indéfectible soutien que lui a apporté sa mère, envers et contre tous.
 
Parce que son écriture est aussi celle d'un poète, qu'Hugo Horiot a le sens du mot juste et de l'image limpide, la lecture est facile et agréable. Et, une fois le livre reposé, reste le message d'espoir d'un jeune autiste ayant réussi à trouver sa voie, le théâtre, dès lors qu'une nouvelle famille, professionnelle celle-là, l'a accepté tel qu'il est, avec ses failles et ses forces, sa personnalité et son histoire.
 
En 1990, la mère d'Hugo, Françoise Lefèvre, publiait dans "Le petit prince cannibale", sa vision de l'histoire. Elle reçu cette année-là le Goncourt des lycéens. Voilà une seconde récompense pour la famille. Bien méritée.
 
"L'empereur, c'est moi", d'Hugo Horiot (Ed L'iconoclaste) 17 euros
 

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