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25/09/2013

Maurice Tubiana, cancérologue féru de prévention

 

tubiana_400.jpgA l’annonce de la mort du cancérologue Maurice Tubiana, décédé mardi 24 septembre 2013, à 93 ans, c’est d’abord son combat contre le tabagisme passif qui m’est venu en mémoire. Allez savoir pourquoi… Cela aurait pu être ses années à la tête de l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif, qu’il dirigea de 1982 à 1988, ou les « méthodes américaines » qu’il rapporta de ses années d’étudiant à Berkeley (USA) : travail d’équipe, modernisation perpétuelle des pratiques médicales en utilisant aussi rapidement que possible les nouveaux instruments à la disposition des cancérologues, notamment en matière de radiothérapie. Ou encore ses années de consultant auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé dans les années 1990.

Mais non, c’est bien son rôle dans les politiques de prévention, et notamment les idées reçues qu’il a bousculées avec son rapport sur le tabagisme passif en 1997, que je place en tête, et son désir constant d’informer le public sur la prévention du cancer. L’idée que si la maladie n’est pas vraiment évitable, il existe des facteurs de risques à éviter, qui nous permettent d’être acteur de notre santé, et de mettre des chances dans notre jeu –dans notre vie-. La cigarette et l’alcool, deux éléments clefs à ne pas sous-estimer, répétait inlassablement le Professeur Tubiana. Il s’est trouvé beaucoup de monde pour se moquer de ses alertes. Des années plus tard, on a pu mesurer le rôle en coulisse des lobbys du tabac, finançant en espèces sonnantes et trébuchantes de pseudo-expertises contradictoires.

Admirables lanceurs d’alertes, qui tiennent leur cap, faisant état de leurs découvertes même si elles dérangent, et prenant la parole pour en informer le grand public, vous, moi. Impossible désormais de dire que nous ne savions pas à quoi expose le tabac, « fléau parmi les fléaux » selon Maurice Tubiana. Il était inquiet, comme ses collègues cancérologues, de voir tant de jeunes fumer aujourd’hui encore, trop de femmes payer si cher leurs cigarettes de jeunesse, et dénonçait le manque de fermeté à faire appliquer la loi Evin. Le Professeur Raymond Ardaillou, secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine dont Maurice Tubiana fut membre, a rappelé une phrase de Montaigne citée par le professeur : « Je veux que la mort me trouve plantant mes choux », confirmant son intention de poursuivre le combat jusqu’au bout. Il a été exaucé.

20/09/2013

Mon ordonnance-lunette valable cinq ans?

lunettes.jpgIl n'y a pas que la question du prix des lunettes dans la vie. L'actualité, c'est aussi le projet d'allonger la validité des prescriptions des ophtalmologistes. Et là, les quinquas et plus doivent être particulièrement vigilants...

C'est sûr, obtenir un rendez-vous médical chez son ophtalmologiste dans un délai raisonnable relève parfois de la haute voltige. Il y a dans ce domaine des grandes inégalités entre les régions, et vivre loin d'une grande ville augmente souvent encore la probabilité de devoir être patient. Résultat: entre le moment où il devient clair que nos lunettes ou lentilles ne sont plus adaptées et celui de réceptionner les nouveaux verres, il peut se passer des mois, parfois plus d’un an. Les sénateurs pensent avoir trouvé la parade: augmenter la durée de validité des ordonnances. Ils proposent que les prescriptions valables jusqu'ici trois ans le soient désormais cinq. Il pourrait même devenir possible d'obtenir des lentilles sans passer par la case "médecin".

Ca semble pratique, mais est-ce vraiment une bonne idée?

Oui oui oui ! répondent les opticiens, qui plaident le pragmatisme: autant simplifier la vie des porteurs, surtout dans ces temps difficiles. Et puis consulter tous les cinq ans n'est déjà pas si mal, et suffisant dans la majorité des cas...

Non non non ! répondent les ophtalmologistes, qui rappellent que la consultation a pour but de dépister une éventuelle maladie de l'oeil. Consulter tous les trois ans est loin d'être un gadget. Le président du syndicat des ophtalmologistes de France (SNOF) affirme dépister des pathologies graves de l'oeil chez trois patients sur dix venus changer leurs lunettes, ce n'est pas rien. D’autant qu’avoir le droit à une nouvelle paire cinq ans après avoir reçu sa prescription initiale, cela poussera certains, dans les faits, à consulter... tous les dix ans. Pour le coup, ce n'est vraiment pas suffisant.

Du point de vue des plus de 45 ans, les choses prennent un éclairage particulier. Car seuls des contrôles réguliers permettent de repérer une presbytie, une cataracte, un glaucome ou une DMLA, dont la fréquente augmente avec l'âge, et dont les symptômes mettent du temps à apparaître. Régulier, c’est chaque année ou plus en cas de pathologie connue, et tous les deux ans au maximum passé 60 ans. En santé, facilité ne rime pas toujours avec sécurité.

Et pour les lentilles? Prudence aussi, d'autant que la lentille est en contact direct avec l'oeil. En utilisant des produits vendus sans ordonnance, notamment sur Internet, le risque est d'abîmer la cornée, avec des conséquences pouvant aller jusqu'à la perte de la vue. Accident rare mais lourd de conséquence. 

Pour être bien protégés, nos yeux ont besoin :  de contrôles réguliers, à un rythme adapté à l'état de nos yeux, d’un équipement à un prix compatible avec nos moyens, quitte à faire l'impasse sur une monture griffée ou même faire monter les nouveaux verres sur l'ancienne monture (le devis est obligatoire chez l'opticien), et d’une lecture attentive du contrat de notre mutuelle, qui prend en charge la grosse part des dépenses... Il faut penser à tout pour être bien équipée, foi de porteuse de verres!

17/09/2013

Journée Mondiale Alzheimer: les mots pour le dire

 

id5714_photo.jpgIl paraît que la maladie d’Alzheimer fait encore plus peur que le cancer. Je veux bien le croire, tant on se sent démuni quand il s’agit de se battre contre un esprit qui s’égare. Même si, ici et là, comme Colette Roumanoff dans ce blog et Henrieka Lesniewska dans le numéro de Notre Temps actuellement en kiosque (Notre Temps N°526 octobre 2013), certains attestent qu’il est possible de vivre bien pendant des années avec la maladie… Pour autant, prononcez le mot « Alzheimer » et vous verrez les visages se fermer. C’est un défi d’informer sur cette maladie autrement qu’en promettant des conseils «pour y échapper »...

A l’occasion de la Journée Mondiale Alzheimer le 21 septembre, l’Association France Alzheimer a réussi un coup de maître. Elle a rassemblé des témoignages de personnes touchées, directement ou via leurs proches. Et elle a fait lire ces récits par des acteurs, des compositeurs-interprètes, des animateurs… Chacun, en quelques lignes, « vit » par procuration ces textes écrits avec le cœur, qui aident à mieux comprendre ce que signifie « vivre avec la maladie ». Quinze personnalités de la musique, du théâtre, du petit et de grand écran, de la radio, ont prêté leur image à la campagne d’information qui démarrera le 17 septembre. Sept d’entre eux ont enregistré ces témoignages disponibles dès aujourd’hui sur Internet. Parce que « la maladie n’a que faire de la célébrité, de la couleur de la peau, des revenus ou de la religion » mais qu’ainsi conté par ces professionnels, qui savent trouver la juste distance entre affectif et narration, le message se trouve plus audible, mieux supportable.

Michel Boujenah, Françoise Laborde, Alain Chamfort, Virginie Lemoine, Laurent Ruqier, Andréa Férréol et Dominique Besnehard se sont prêté au jeu. Je viens de les écouter les uns après les autres, investis, émouvants, concrets, jamais plombants. Une réussite.

 

 
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