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20/12/2013

Des médicaments en grande surface, pourquoi pas ?

 

6094399-pas-de-vente-de-medicament-en-grande-surface-pour-le-gouvernement.jpgAu milieu du grand débat sur les risques et les avantages de vendre demain certains médicaments en grande surface, comme le propose l’Autorité de la concurrence qui recommande de casser le monopole des pharmacies, rappelons quelques faits.  

1/ Il s’agit uniquement de produits vendus sans ordonnance, comme les tests de grossesse, les traitements pour soulager un rhume, les vitamines...

2/ Ils seraient vendus dans un coin spécial du supermarché, avec une caisse distincte, sous la responsabilité d’un pharmacien conseil.

3/ Ils permettraient une baisse des prix de plus de 11 à 16%, affirme le rapport. En Italie, cela a été jusqu’à 25% précise-t-il. Car il existe aujourd’hui des différences de tarifs importantes d’une pharmacie à l’autre sans que cela se justifie aux yeux du consommateur. Or les vagues de déremboursement successifs ont encouragé l’automédication. Automédication pas forcément dangereuse si elle est menée avec bon sens (lire les notices de produits, consulter si les symptômes persistent, etc), de nombreux médecins le reconnaissent.  

4/ Mais, répondent les pharmaciens par la voix d’Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre, la remise en cause de ce monopole fragiliserait tant les officines qu’on risque de les voir disparaitre au rythme de une tous les trois jours.

J’ai visité en Angleterre la vaste pharmacie Boots de Birmingham, siège de la plus grande chaîne de pharmacies anglaises. 5500 m2 d’un curieux mélange, entre supermarché et cabinet médical. Musique, vastes rayonnages en libre accès proposant côte à côte vitamines, crèmes anti-rides, démonstrations de maquillage et médicaments usuels... Tout ce qui touche au corps est là. Dans un corner, minuscule comparé aux comptoirs français, un pharmacien en blouse blanche délivre ses conseils et réceptionne les ordonnances. Elles sont préparées en arrière-boutique, au cachet près, le temps de faire ses courses ou de se peser sur la balance en libre accès (payant)…  Un peu plus loin, il est possible de mesurer son acuité auditive ou visuelle, réaliser un fond d’œil, et même commander ses lunettes. Il ne semble pas que cette organisation ait entraîné une flambée de la consommation ou du mésusage de médicaments en Angleterre.

La vraie question est celle du rôle que doivent jouer demain nos pharmaciens. Car les pharmacies  ne sont pas des commerces comme les autres, il est temps de renforcer et de valoriser leur rôle de conseil médical.

Un premier pas a été fait avec la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire, qui affecte aux pharmaciens des missions de prévention, de dépistage et de suivi médical. L’idée : délivrer dans l’officine des conseils favorisant le bon suivi des traitements (hypertension, diabète, maladie cardiovasculaire…) , accéder plus vite à un diagnostic (test angine…) ou à un acte médical (vaccination), envoyer le résultat au médecin traitant qui déciderait si la personne a besoin ou non d’une consultation. On peut aller plus loin. 

A l’heure où les malades chroniques représentent désormais un tiers des clients des pharmacies, nous avons plus que jamais besoin des pharmaciens. Espacer, grace à eux, les visites médicales chez des généralistes débordés (surtout à la campagne où vivent la majorité des malades chroniques alors que les médecins sont installés en ville) est une mesure de bon sens. «Les médecins prescrivent de plus en plus pour trois mois, les patients ont besoin de conseils entre deux rendez-vous, note Jean-Charles Tellier, président de l’ordre des pharmaciens section officine. L’accompagnement personnalisé est très efficace, cela a été démontré pour le sevrage tabagique. » Gilles Bonnefond, de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, confirme : « Si le pharmacien aide à bien suivre son traitement d’anticoagulants oraux, cela permettra de limiter le risque hémorragique et d’éviter des accidents vasculaires cérébraux».

Valoriser le rôle du pharmacien conseil, y compris si certains produits de santé sont vendus en grande surface, serait un plus pour notre santé.

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