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30/12/2013

Quand la sécurité sociale gronde les malades

arret-travail.jpgÉtonnante procédure mise en place par la sécurité sociale. Le courrier qui m'est parvenu cette semaine émane bien de l'assurance maladie, pas de doute, et explique d'un ton bienveillant s'intéresser à la santé de l'assuré. Jusque-là rien de choquant. Et pourtant... "Vous avez bénéficié de trois arrêts de travail pour cause de maladie au cours de la dernière année, explique le courrier. Dans l’éventualité d’un nouvel arrêt, le médecin conseil pourra prendre contact et vérifier si ces arrêts sont une réponse adaptée à votre état de santé".

A la lecture de ces lignes, je me suis frotté les yeux: suis-je devenue parano, ou y lisez-vous comme moi une remontrance déguisée, une espèce de suspicion a-priori d'une possible fraude à l'arrêt maladie et à la solidarité nationale, une invitation à bien réfléchir avant d'accepter de s'arrêter de travailler si notre état  de santé le nécessitait? Car rassurez moi, c'est bien le médecin qui décide ce qu'il pense le mieux pour son patient n'est-ce-pas? Le malade ne peut s'auto-prescrire l'ordre de rester à la maison le temps d'être en état de reprendre le chemin du travail ou de l'école?   

Comment la personne malade ou handicapée peut-elle recevoir un tel courrier autrement qu'en se sentant coupable de faire porter à la collectivité sa faiblesse physique ou morale? Au risque à l'avenir de faire taire ses symptômes, et d'aggraver peut-être sa maladie? S'arrêter, c'est aussi une façon d'éviter de voir ses symptômes prendre de l'ampleur, c'est une forme de prévention des complications...

On se doute bien de l'objectif de la démarche: lutter contre les arrêts abusifs. Et il est normal qu'une institution comme l'assurance maladie réalise des contrôles et s'assure que les règles sont respectées. Mais dans quel cerveau a pu germer l'idée d'envoyer ce courrier au malade plutôt qu'au médecin prescripteur? Ce serait sûrement plus efficace, et plus juste : "Cher médecin, vous avez prescrit un arrêt maladie à votre patient Mr X qui a donc cumulé x arrêts au cours de la dernière année"... Cela aurait un intérêt informatif, les arrêts pouvant être signés d'un autre médecin spécialiste ou d'un urgentiste à l'hôpital. Il ne serait pas choquant que le médecin généraliste en soit informé, pour avoir une vision globale de la santé de son patient. Alors oui, un tel courrier aurait un sens, et pourrait permettre d'envisager un traitement différent, une prévention ciblée, des examens complémentaires, pour améliorer l'état de santé de l'intéressé.

L'assurance maladie s'est trompée d'adresse, et quelque chose me dit qu'elle le sait au fond d'elle. Pour preuve cette petite ligne au bas de la page: « Les observations ont été réalisées au moyen d’un traitement automatisé. Le droit de contester les raisonnements utilisés peut être exercé auprès du Directeur Général de la CPAM ». En médecine, les robots peuvent rendre des services, ils l'ont prouvé. Mais en gestion humaine, pitié, remettez-nous des têtes pensantes!

24/12/2013

vieux et heureux

 

8047301-portrait-d-39-un-vieux-couple-heureux-debout-avec-leurs-bagages-porter-guirlande-sur-fond-blanc.jpgC'est un sondage qui n'a pas eu la visibilité qu'il mérite et je m'apprête ici à remédier à cette erreur... Pour une fois qu'on nous dit que le plaisir se conjugue à tous les âges, et même qu'une des périodes phare de la vie est la tranche 65/75 ans, autant le faire savoir !

Les résultats de l'enquête Ipsos pour le tout jeune Institut du bien vieillir Korian pointe l'ampleur du fossé entre ce que les seniors pensent de leur vie et l'image que s'en font les jeunes générations. L'enquête a consisté à poser aux seniors des questions autour des plaisirs de la vie, et à comparer leurs réponses aux représentations qu'en ont leurs enfants et petits-enfants.

Première surprise: le plaisir reste bien plus présent à l'âge de la retraite (83% des plus de 65 ans disent avoir des plaisirs) que ne l'imaginent ceux qui ne sont pas encore parvenus à cette étape de la vie (un sur deux parmi les français interrogés tous âges confondus). Et c'est vrai jusqu'à 80 ans ! D'ailleurs la grande majorité des sondés affirme se sentir bien dans son âge. Victorieux du jeunisme ambiant, bravo!

En chiffres, cela donne: 87% des plus de 65 ans s'estiment en bonne ou très  bonne santé, et huit sur dix clament que la vie est une source de plaisir. Quels plaisirs? Les petits-enfants pensent que leurs grands-parents apprécient surtout de se retrouver en famille.... et de les voir eux! C'est vrai mais c'est loin d'être la seule source de joie. Les seniors citent aussi : regarder la télévision (73%) et lire les journaux (54%), se retrouver en famille (67% des réponses), partager des activités entre amis (44%), voyager (35%), partir en balade... Pas sûr que les ados répondraient autre chose! Mais là où les jeunes se trompent, c'est que c'est moins avec leurs enfants (20 %) ou petits-enfants (16 %) que les seniors vivent les meilleurs moments de leur vie qu’avec leur conjoint (43 %). Ils regrettent d’ailleurs au passage de ne pas avoir plus d'occasions de discuter vraiment avec leurs ascendants.

L'amour et la sexualité aussi restent d'actualité, n'en déplaise aux plus jeunes qui ont souvent du mal à imaginer leurs aînés apprécier se câliner bien après avoir soufflé leur demi-siècle. La sexualité des ex-soixante-huitards est désormais revendiquée jusque dans certains Ehpad, où les petites pancartes "ne pas déranger " fleurissent parfois sur les portes des résidents.

Les plus de 65 ans aiment enfin les bonnes tables. Et les sorties culturelles. Quiconque a déjà participé à un festival de musique comme celui des Vieilles Charrues à Carhaix (Bretagne) ne pourra que le confirmer: les contemporains de Bob Dylan, Santana et Pierre Perret sont présents en masse et ne boudent pas leur plaisir sur la pelouse des concerts.

Plutôt enthousiasmant non? Voilà qui donne en tout cas envie d'avancer en âge, en meilleure santé possible bien sûr, et c'est à notre portée, affirment les commanditaires de l'étude. Dans l'interview qu'il a accordé à Notre Temps, le Dr Philippe de Normandie, président de l'Institut du bien vieillir Korian, nous rappelait comment préparer ces belles années ouvertes devant nous, insistant sur le fait que, non, la vieillesse n'est pas une maladie. Au plaisir de faire durer le plaisir, et joyeuses fêtes à chacun d’entre vous ! 

20/12/2013

Des médicaments en grande surface, pourquoi pas ?

 

6094399-pas-de-vente-de-medicament-en-grande-surface-pour-le-gouvernement.jpgAu milieu du grand débat sur les risques et les avantages de vendre demain certains médicaments en grande surface, comme le propose l’Autorité de la concurrence qui recommande de casser le monopole des pharmacies, rappelons quelques faits.  

1/ Il s’agit uniquement de produits vendus sans ordonnance, comme les tests de grossesse, les traitements pour soulager un rhume, les vitamines...

2/ Ils seraient vendus dans un coin spécial du supermarché, avec une caisse distincte, sous la responsabilité d’un pharmacien conseil.

3/ Ils permettraient une baisse des prix de plus de 11 à 16%, affirme le rapport. En Italie, cela a été jusqu’à 25% précise-t-il. Car il existe aujourd’hui des différences de tarifs importantes d’une pharmacie à l’autre sans que cela se justifie aux yeux du consommateur. Or les vagues de déremboursement successifs ont encouragé l’automédication. Automédication pas forcément dangereuse si elle est menée avec bon sens (lire les notices de produits, consulter si les symptômes persistent, etc), de nombreux médecins le reconnaissent.  

4/ Mais, répondent les pharmaciens par la voix d’Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre, la remise en cause de ce monopole fragiliserait tant les officines qu’on risque de les voir disparaitre au rythme de une tous les trois jours.

J’ai visité en Angleterre la vaste pharmacie Boots de Birmingham, siège de la plus grande chaîne de pharmacies anglaises. 5500 m2 d’un curieux mélange, entre supermarché et cabinet médical. Musique, vastes rayonnages en libre accès proposant côte à côte vitamines, crèmes anti-rides, démonstrations de maquillage et médicaments usuels... Tout ce qui touche au corps est là. Dans un corner, minuscule comparé aux comptoirs français, un pharmacien en blouse blanche délivre ses conseils et réceptionne les ordonnances. Elles sont préparées en arrière-boutique, au cachet près, le temps de faire ses courses ou de se peser sur la balance en libre accès (payant)…  Un peu plus loin, il est possible de mesurer son acuité auditive ou visuelle, réaliser un fond d’œil, et même commander ses lunettes. Il ne semble pas que cette organisation ait entraîné une flambée de la consommation ou du mésusage de médicaments en Angleterre.

La vraie question est celle du rôle que doivent jouer demain nos pharmaciens. Car les pharmacies  ne sont pas des commerces comme les autres, il est temps de renforcer et de valoriser leur rôle de conseil médical.

Un premier pas a été fait avec la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire, qui affecte aux pharmaciens des missions de prévention, de dépistage et de suivi médical. L’idée : délivrer dans l’officine des conseils favorisant le bon suivi des traitements (hypertension, diabète, maladie cardiovasculaire…) , accéder plus vite à un diagnostic (test angine…) ou à un acte médical (vaccination), envoyer le résultat au médecin traitant qui déciderait si la personne a besoin ou non d’une consultation. On peut aller plus loin. 

A l’heure où les malades chroniques représentent désormais un tiers des clients des pharmacies, nous avons plus que jamais besoin des pharmaciens. Espacer, grace à eux, les visites médicales chez des généralistes débordés (surtout à la campagne où vivent la majorité des malades chroniques alors que les médecins sont installés en ville) est une mesure de bon sens. «Les médecins prescrivent de plus en plus pour trois mois, les patients ont besoin de conseils entre deux rendez-vous, note Jean-Charles Tellier, président de l’ordre des pharmaciens section officine. L’accompagnement personnalisé est très efficace, cela a été démontré pour le sevrage tabagique. » Gilles Bonnefond, de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, confirme : « Si le pharmacien aide à bien suivre son traitement d’anticoagulants oraux, cela permettra de limiter le risque hémorragique et d’éviter des accidents vasculaires cérébraux».

Valoriser le rôle du pharmacien conseil, y compris si certains produits de santé sont vendus en grande surface, serait un plus pour notre santé.

 
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