logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

12/08/2016

Les redoutables révélations du big data: un exemple avec la Dépakine

image.jpegIl faut s'y faire, le big data, c'est ça aussi. Big data, ce sont ces milliards de données chiffrées qui permettent de lever le voile sur des pratiques jusqu'ici mal connues. L'Assurance maladie connaît par exemple tous les médicaments qui nous sont prescrits. Et aussi notre âge, nos antécédents médicaux etc. Une somme d'informations gigantesque. En croisant ces données, il est possible de les faire parler et de mettre au jour des interactions dangereuses ou des dérapages de prescription. C'est ce qui vient de se passer avec la Dépakine qu'ont reçue 10 000 femmes enceintes après 2006. Cela fait 10 000 prescriptions de Dépakine alors que les risques sur le fœtus étaient connus depuis les années 1980, publiés et avaient donné lieu à de nouvelles règles de prescription (voir Dépakine: un nouveau scandale sanitaire?).

Avec le big data, toutes les prescriptions vont devenir de plus en plus transparentes. On sent l'œil de Big Brother côté pile, inquiétant s'il est mal utilisé, et, côte face l'accès enfin à une source d'information pour éviter les dérapages parfois dramatiques comme c'est le cas ici. Nul doute que nous ne sommes qu'au début des révélations apportées par ces bases de données, et que, demain, nous en connaîtrons plus sur les risques et les bienfaits de croiser tel traitement avec tel autre, ou d'utiliser un dosage plutôt qu'un autre...

L'autre question soulevée par l'affaire de la Dépakine est celle de la formation continue et de l'information des médecins, et j'ajouterai : et des pharmaciens. Comment est-il possible, une fois encore, que tant de professionnels de santé soient passés à côté du risque Dépakine/grossesse? La molécule a été prescrite à des ventres ronds, puis délivrée en pharmacie aux mêmes ventres ronds... Au secours! Où est le principe "d'abord ne pas nuire"? Le simple fait d'être abonné à la revue Prescrire qui pointe le problème Dépakine depuis des années aurait évité bien des drames... Quand apprendrons-nous enfin de nos erreurs? Cette histoire nous replonge dans la lamentable affaire du Distilbène, interdit en France des années après les Etats-Unis, et ses effets "bombe à retardement" désormais bien connus: on sait aujourd'hui que les enfants et les petits enfants des femmes exposées durant la grossesse dans les années 1950 à 1970 ont un risque augmenté de cancer et de stérilité. Et que les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques présentes partout autour de nous (médicaments mais aussi dans les colles, plastiques dans les moquettes etc) peuvent avoir des effets sur plusieurs générations.

Enfin, cette affaire est l'occasion de rappeler que prescrire un traitement durant la grossesse devrait être une exception et qu'aborder la question des effets secondaires devrait être systématique en consultation. Soyons des patients curieux et posons des questions!

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique