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14/12/2015

Un air moins pollué = moins d'Alzheimer?

LIMG_0709.JPGIMG_0663.JPGa COP21 est l'occasion de mettre des coups de projecteurs sur les travaux des chercheurs mobilisés sur les liens entre environnement et santé. Nul ne nie ces liens désormais, l’OMS estime par exemple que 7 millions de personnes meurent de maladies respiratoires - très liées à l’air respiré - chaque année. Encore faut-il les mesurer pour en connaître l'ampleur.

J'étais invitée à bord du ballon captif installé au bord du périphérique à Paris qui donne à tous les Parisiens une indication en temps réel du niveau de pollution à proximité des axes routiers de la capitale (symbolisés par des petites voitures dessinées sur l’enveloppe du ballon gonflé d’hélium) et de l'air ambiant général (symbolisé par des monuments historiques). Vert, c’est tout bon. Plus ça vire au rouge, plus ça craint. Depuis 2008, il suffit de lever le nez dans le ciel si on passe dans l’Ouest parisien pour connaître la qualité de l’air que nous respirons.

Ce ballon est unique au monde, fruit du partenariat entre la ville de Paris, Air Parif, l'assureur Generali, les chercheurs du CNRS et le fabricant d'instruments de mesure Environnement SA. Dans quelques semaines, l'ozone, substance au pouvoir particulièrement irritant sur les bronches, sera également mesuré sur le site du ballon.

Alors que sait-on de l'impact de la qualité de l'air sur la santé? Eh bien les études ont de quoi faire grimacer. Un air pollué attaque nos poumons, logique, mais aussi notre cœur, car les particules toxiques - particules fines, ozone, oxydes d'azote - se glissent dans le sang et voguent dans le corps. Deux études médicales révélées lors de la COP21 ont également démontré l'impact sur les maladies du système nerveux central et les maladies neuro-pathologiques. On parle ici de la maladie d'Alzheimer et de l'autisme entre autres. L’étude suédoise révèle une corrélation nette entre pollution de l’air et fréquence des démences. L’étude américaine note que plus l’air est saturé en carbone noir, polluant lié au transport routier et aérien comme les particules fines, moins les performances en mémoire, attention, langage etc sont bonnes. L’explication, schématiquement, serait que ces toxiques passent la fine barrière entre le sang et le cerveau appelée barrière hémato-encéphalique, et créent une inflammation dans le cerveau favorisant la maladie.

Une raison de plus de prendre son vélo, ses pieds ou les transports en commun pour se déplacer, de baisser un peu le chauffage, de préférer les aliments de saison et de proximité, bref de faire tout ce qui est à notre portée pour améliorer l’air que nous respirons, comme nos enfants et nos parents, et de concrétiser ainsi l'accord signé lors de la COP21!

16/02/2015

Un livre fort : "Il ne sait plus qu'il est mon père"

JCVT_Il-Ne-Sait-Plus-QuIl-Est-Mon-Pere_8362.jpg'ai laissé plusieurs semaines ce livre noyé au milieu d'autres dans une pile sur mon bureau sans m’y intéresser. La maison d'édition m'était inconnue (Ed Regard et voir), la photo ne me parlait pas (une silhouette s'éloignant dans une rue floutée), et le titre "Il ne sait plus qu'il est mon père" me faisait redouter un énième témoignage sur le douloureux cheminement d'un aidant Alzheimer.

Disons-le tout net: j'ai eu tort. Le récit de Pierre Hédrich mérite d'être lu et partagé, qu'on soit ou non confronté à la maladie ou à la fin de vie d'un parent, parce qu'il apporte de la lumière à ces périodes si particulières où le drame qui touche un proche modifie radicalement votre propre quotidien. Un peu comme dans ces cours d'arts martiaux où l'on vous enseigne comment utiliser la force de l'adversaire pour ne pas se faire écraser. Sauf qu'ici, il n'y a pas d'adversaire. Juste un fils au milieu d'une fratrie de cinq garçons qui se lance comme un enquêteur à l'assaut de la vie de son père devenu muet par la maladie d'Alzheimer.

Qui est vraiment Charly, ce père atypique, pasteur engagé, généreux, fougueux, incapable de fermer son logis et sa table à un paumé, un miséreux, un alcoolique? Quelle trace laisse-t-il dans la vie de ses proches?  Pierre Hédrich écrit d'abord pour lui, pour supporter le silence de son père durant ses visites. Jusqu'à comprendre que cette absence de paroles, chez cet homme d'ordinaire volubile, est une invitation à s'interroger sur le moteur de la vie, celle du père et la sienne.

Pierre Hédrich a finalement publié son livre, tant mieux pour nous. Car il pointe du doigt la qualité du lien qui peut subsister (ou apparaître) au-delà de la maladie et de la démence, quand tous les codes de communication sont à revoir. Sans pathos, avec intelligence et beaucoup de simplicité, c'est bien de vie, de lien extra-verbal et d'amour qu'il nous parle.

Plus de 800 000 personnes sont aujourd'hui touchées par une maladie d'Alzheimer ou apparentée. Et leurs conjoints, enfants et amis vivent aussi avec la maladie. "Bienvenue au club", l'un des chapitre du récit, raconte comment cinq collègues sont confrontés au même moment que Pierre à l'accompagnement d'un proche. S'être reconnu permet au petit groupe de partager enthousiasmes, expériences et questionnements. Comme on aimerait que le club s'agrandisse, non pas en raison de l'augmentation du nombre de malades mais en ayant réussi à faire tomber tabous et angoisses sur cette maladie si particulière. Pour donner jusqu'au bout du sens et leur juste valeur aux moments partagés. Je vous recommande ce livre !

"Il ne sait plus qu'il est mon père", de Pierre Hédrich Éd. Regard et voir - sept 2014 (14,10€) préfacé par Marie de Hennezel

23/04/2014

Le coup de gueule de Colette Roumanoff : l’hôpital doit s’adapter aux malades Alzheimer !

roumanof.JPGColette Roumanoff, épouse d’Arthur dont nous avons déjà parlé ici et mère de l’humoriste Anne Roumannof, vient de me faire parvenir une lettre rédigée après plus d’un an de réflexion. Ce sont les conséquences désastreuses et irréversibles d’un court séjour à l’hôpital de son mari, patient Alzheimer et hospitalisé pour une forte fièvre, qui lui ont fait rédiger ces conseils destinés aux équipes médicales mais aussi aux familles de malades. Le récit complet de sa triste aventure est disponible ci-dessous… Je vous livre le tout sans en changer une virgule. Révoltant, émouvant... et mobilisateur?

Agnès

« Petit Mémo pour une prise en charge spécifique des patients Alzheimer par l’hôpital », par Colette Roumanoff.

Une prise en charge spécifique permettrait peut-être d’éviter une aggravation radicale de la maladie d’Alzheimer pendant que l’on cherche à guérir d’autres pathologies. Pour ne pas aggraver la confusion d’un patient hospitalisé,  il faudrait pourvoir envisager de :

-       Ne pas hospitaliser systématiquement, de chercher des solutions alternatives, et de limiter au maximum le séjour.

-       Ecouter attentivement les personnes qui connaissent le malade et ses réactions, car la maladie d’Alzheimer peut connaitre une aggravation soudaine, si elle n’est pas correctement gérée. Le degré de confusion présent ne peut pas être testé en quelques minutes. Il peut changer d’une heure à l’autre en fonction du stress perçu par le patient.

-       Inventer un protocole hospitalier spécifique, qui soit aussi peu intrusif que possible, qui permette de renoncer aux perfusions par exemple, qui respecte le quotidien du patient en l’autorisant à porter ses vêtements habituels par exemple.

-       Insister auprès de la famille pour qu’un familier soit présent en permanence, jour et nuit.

-       Respecter le rythme forcément plus lent du patient, dans les interventions et les soins. Ce sont des patients à manipuler avec d’extrêmes précautions.

-       Une personne pourrait être en charge du bien être moral du patient et de sa famille et donner des instructions adéquates aux autres personnes en charge.

Ci-dessous, le récit complet de Colette Roumanoff

 
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