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21/09/2015

Santé et gros sous: et les statines dans tout ça?

cash-sante-aff1.jpgElle fait couler de l'encre, l'enquête de France 2 menée par Élise Lucet et diffusée lundi 14 septembre! Intitulée : "Santé: la loi du marché", elle est encore visible sur Internet. L'enquête dénonce dans certains hôpitaux des opérations non justifiées, notamment en urologie, destinées uniquement à faire entrer de l'argent dans les caisses. Cela ne concerne assurément pas la majorité des hôpitaux, et les établissements concernés auront surement loccasion de répondre à ces accusations, mais on comprend que cela fasse réagir. Elle aura permis de rappeler quen effet, les opérations de la prostate, puisque cest delles quil sagit, sont rarement justifiées après 75 ans.

Il y a aussi été question de ces médicaments prescrits sur la base d’études médicales dont certaines, affirment les journalistes, sont tronquées ou faussées.  L'exemple creusé par le documentaire concerne le Crestor, un médicament de la famille des statines prescrit contre le cholestérol. Ah les statines ! Pour leurs détracteurs, leurs effets secondaires possibles sont si graves que leur usage devrait être strictement limité, et carrément évité pour les personnes n'ayant jamais eu d'accident cardiaque, surtout passé 65 ans. Pour leurs défenseurs, elles sont le miracle de la cardiologie moderne. Au point qu’un médecin affirme dans le reportage rêver de donner cette molécule à tous les Français! Et voilà qu’il apparaît que ce médecin est grassement rétribué pour les laboratoires qui commercialisent ce traitement…

Le documentaire relance la polémique qui fait rage depuis des années dans le monde médical sur ce sujet d’autant plus sensible que ces médicaments représentent les traitements les plus prescrits, 342,8 millions d'euros en 2013 pour le seul Crestor, indique l’Assurance maladie sur son site. A nouveau, des voix s'élèvent pour pointer le danger de la molécule. À l'instant, dans une tribune, le Dr Michel de Lorgeril, cardiologue et auteur de plusieurs livres sur le sujet, dénonce cette famille de médicaments comme il le fait depuis 2007, affirmant que les statines "n'apportent que des risques et pas de bénéfices". Aux États-Unis des procès sont en cours contre ce traitement qui serait responsable d'une augmentation du nombre de personnes souffrant de diabète.

Cette affaire met mal à l’aise : si j’étais sous traitement, surtout en prévention primaire (sans avoir fait d’infarctus ou d’AVC), je crois que j’aurais envie d’en parler avec mon médecin au moment du renouvellement de l’ordonnance...

Le prochain magazine "Enquête de santé" diffusé sur France5 mardi 6 octobre à 20h40 posera la question "Le danger du cholestérol : mythe ou réalité ?" L'occasion sans doute de rappeler que les maladies cardio-vasculaires sont essentiellement liées à notre mode de vie, qu'en bougeant plus, en mangeant mieux et en se passant du tabac, il est possible de prévenir bien des infarctus et autres AVC. Passer à l’action, ce sera le thème des prochaines journées de la Fédération Française de Cardiologie, le 29 septembre prochain. Allez, je retourne marcher, pour le plaisir, et pour protéger mon cœur !

26/08/2015

De la couleur !

Dimages.jpgans une interview publiée par nos confrères des Inrock, le Dr Eric Gallois, psychiatre au Centre hospitalier de Montargis, propose un traitement inattendu de la dépression… Il se souvient avec nostalgie du temps où, dans les années 70, les routes étaient recouvertes d'une fine couche de graviers locaux. Elles étaient roses dans sa région, donnant à la ville et aux trajets en voiture des couleurs et des reflets. « Le sol est notre cinquième façade. Les nuits d’hiver, sous la pluie, ces routes reflétaient une certaine luminosité. Elles n’inspiraient pas de peur ni d’angoisse. Il y a une dimension esthétique qui apaise, » affirme-t-il. Et puis il a été décidé (par qui? comment?) pour des raisons sans doute économiques plus que techniques de ne plus utiliser les gravillons colorés.

L’impact de la couleur et de la lumière sur le moral n’est pas une découverte, il existe des lampes à forte intensité lumineuse destinées à lutter contre la dépression saisonnière. Mais le rôle du noir foncé du bitume sur le psychisme ne m’était encore jamais apparu ainsi. Or elles sont partout autour de nous, ces routes, que nous marchions, que nous pédalions ou que nous roulions! « Les routes sombres sont des îlots de chaleur qui peuvent entraîner une augmentation de 10 à 20 degrés par rapport à un sol clair, et en plus de l’impact écologique cette perte de luminosité a des conséquences sur l’humeur. Elle induit l’angoisse et l’état dépressif » affirme le psychiatre.

C’est que l'homme avec un grand H à besoin de couleur et de variété. Quand les couleurs sombres envahissent son environnement, insidieusement, il souffre. Dans quelques jours, rentrée oblige, les jolies robes d'été et les chemises claires risquent de céder la place aux couleurs sombres, le mouvement est déjà amorcé dans les transports parisiens. De moins en moins de rouge, jaune, bleu ciel ou rose, de plus en plus de noir, vert bouteille et bleu foncé. Et si cette année nous bichonnions la multichromie, pour nous et pour ceux qui vivent avec nous? Et si choisir des tenues joyeuses et ajouter un peu de rouge sur les lèvres faisait partie de nos armes contre la morosité, aussi sûr que profiter de la lumière de septembre nous aide à faire le plein de vitamine D?  La « femme coquelicot », cette jolie histoire d’amour d’une septuagénaire pétillante contée par Noëlle Chatelet ne disait rien d’autre… C'est aussi le choix d'Iris Apfel, ici en photo, 93 ans, la femme d'affaire la plus branchée de la planète selon Le Figaro Madame. Demain, promis, je m’habille comme elle couleur fleurs de printemps!  ima 2ges.jpg

22/08/2015

Mon amie (?) la puce

Eimages.jpglle aurait la taille d’un grain de riz ou d’un minuscule morceau de scotch, et je ne peux m’empêcher de mettre des parenthèses à l’idée qu’elle serait mon « amie », cette petite puce. Car cette nouvelle mode venue de Suède me semble tout simplement effrayante et le peu de réaction autour d’elle me sidère.

Jugez plutôt: le journal du net nous informe que « des chercheurs britanniques ont développé des cyberpilules munies de microprocesseurs capables de délivrer des informations au patient et à son médecin, via leur smartphone. Implanté sur le médicament, le dispositif mesure 1 millimètre carré et transmet l’information à travers votre peau vers un patch adhésif. La puce peut dire si vous avez bien pris le médicament prescrit et s’il a un effet bénéfique sur votre santé en mesurant des paramètres biophysiques comme le rythme cardiaque, la respiration, l’état du sommeil… » Est-ce une révolution médicale ? Je connaissais les implants contraceptifs, qui délivrent durant 3 ans des hormones comme la pilule. Ici, on fait un pas de plus vers la surveillance permanente de l’individu.

En creusant un peu, je découvre que des puces électroniques d’un autre type sont déjà implantées dans le corps de personnes volontaires y compris en France. En Suède, une entreprise implante sous la peau de ses employés une puce d’identification pour leur « faciliter la vie », histoire de payer le café à la cantine et d’entrer dans leur bureau sans clef.  Certains prédisent que d’ici deux ans, tous les citoyens américains devront se faire poser un implant garant de leur identité, indispensable pour accéder au système de santé et à l’ensemble des administrations. L’accès au médecin réservé aux personnes implantées ? On croit rêver. D’autres imaginent les achats de demain réglés aussi par puce…   

Suis-je la seule à trouver que ça fait peur? Car du volontaire à l’obligatoire, il n’y a qu’un pas vite franchi. Ceux qui se souviennent de leurs leçons d’histoire ou qui ont vu au cinéma le remarquable film « La femme au tableau » de Simon Curtis voient à quoi je pense.  Une puce remplaçant nos carte vitale, passeport, carte de crédit, curriculum vitae et codes secrets en tout genre, sans laquelle se soigner, se déplacer, s’alimenter ne serait plus possible… Il y a de quoi trembler sur les dérapages possibles de la technologie. Les volontaires actuels, il y en a, jugent au contraire l’idée avant-gardiste, pratique, branchée…

J’assume: je préfère prendre le risque d’oublier mon traitement et peut-être un retard dans le diagnostic d’une maladie à venir plutôt que de vivre en sachant chaque battement de mon cœur observable par un inconnu que je n’aurais pas choisi. Dernière nouvelle: une équipe de chercheurs japonais annonce avoir mis au point une puce mesurant en temps réel la température du corps, le rythme cardiaque… et demain nos émotions et nos opinions?

 
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